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Zoulikha Bouabdellah, Afrita Hamem, 2015

Sérigraphie
© Courtesy Zoulikha Bouabdellah

SEXISME

Exposition Collective 
Elodie Antoine - Zoulikha Bouabdellah - Cindy Sherman - Kiki Smith

Il n’y a pas un art pour les femmes et un art pour les hommes, tout comme il n’y a pas un art de femmes et un art d’hommes - nous le savons ! Jamais un siècle comme le XXème siècle n’aura autant questionné et apporté à l’émancipation de la femme : l’égalité professionnelle, la pilule, l’avortement, le droit au divorce…sont des victoires que nous souhaitons irréversibles. Malgré tout ce combat est encore vif et actuel et osons le dire, permanent.

S’il n’existe pas un art de femmes en soit, plusieurs artistes féminines ont été obligé de prendre position en affirmant une lecture « féministe » de leur pratique artistique.
Enfin, dans ce portrait d’un art féminin engagé se dessine en creux, malgré tout, la figure de l’homme-masculin pour qui aussi cet art est fait (surtout?): son regard, ses réactions, et sa place nouvelle à construire dans nos sociétés contemporaines bouleversées.

100, 1000 fois la photographe américaine Cindy Sherman (née en 1954) a fait d’elle-même le portrait pour au final, 100, 1000 fois ne jamais se montrer pour ne laisser apparaitre que le fantasme - le fantasme de la ménagère américaine, celui de la femme fatale, de l’exubérance, de la femme abusée, liftée, déformée - bref, elle ne cesse d’endosser toutes ces femmes occidentales, jusqu’à l’outrance ! Les deux photos que nous présenterons, issues d’une série des années 80 sur le monde du travail, questionne en fait via des travestissements androgynes le fantasme sexuel de la femme au travail.

« Pour les femmes, le corps est notre dénominateur commun et la scène de notre désir et de notre souffrance » rappelle la plasticienne Kiki Smith (née en 1954, américaine). Cette problématique du corps de la femme, ob-scène de notre inconscient social, est au centre de l’oeuvre de Kiki Smith. Son art est imprégné de signification politique, sapant les représentations érotiques traditionnelles des femmes par des artistes masculins. « Désir » et « Souffrance » ne cessent de s’activer dans ses travaux, de la femme enfantant à la femme déchirée. Les dessins originaux que nous montrons, avec la complicité de la galerie Lelong (Paris, Zurich, New-York), mettent en scène une femme hors norme, Gaïa universelle et fragile.

Comme chez Kiki Smith, nous sommes tentés de faire rimer le travail de la jeune artiste belge Elodie Antoine (née en 1978) avec féminité, fécondité, pureté. Or, à y regarder de plus près tout y est, de la matière au sujet, trituré, détourné, manipulé afin d’explorer la féminité et le fantasme de l’homme. En emboitant le pas de ses ainés surréalistes elle nous livre des objets, sculptures et installations à la fois emplies d’humour mais dévorées par la dérision et la satyre sociale - elle use de techniques traditionnelles associées au sexe « faible » comme la broderie ou la couture (avec la fonction sociale afférente) ou l’usage du cheveux. Les oeuvres que nous présenterons sont ces petits pièges à « hommes »: rouges à lèvres mèches de perceuse…cheveux fantasmatiques désacralisés…un travail détonnant!

La plasticienne d’origine franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah (née en 1977) rejoint avec cette première exposition la galerie Mathias Coullaud - solo show à venir en novembre-décembre 2016. Elle puise son inspiration dans la culture arabe moderne et dans l'histoire de l'art universelle et aime articuler un langage avec plusieurs niveaux de lectures et décalé. Elle est une femme d'origine arabe et moderne. La place de la femme dans cette société est au coeur de tous les enjeux. Le rôle de l’homme, dans ce même monde, est sujet à toutes les cautions et polémiques. Le dialogue est au coeur de l’oeuvre de Zoulikha Bouabdellah. Pour cette exposition, avec deux oeuvres d’importance, elle interrogera d’une la débordante sensualité provocatrice du tableau de Gustave Courbet, « Le Sommeil »: deux femmes nues, endormies l’une en l’autre et d’autre part plus directement et avec la subtilité qui la caractérise dans toute sa démarche, la représentation du sexe de la femme.

Mathias Coullaud - Décembre 2015





EXPO 8/01 > 27/02/16
Jeudi 7 janvier 2016
18h > 21h