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Zoulikha Bouabdellah Vidéo-Installation Les hommes de la plage, 2016 Ed.3 + 1EA

(Capture d'écran)
© Courtesy Galerie Mathias Coullaud

LETTRE D'AMOUR A UN HOMME ARABE

Zoulikha Boubdellah
Exposition Personnelle
Curateur associé: Christophe Langlitz

Exposition personnelle

"Lettre d’amour à un homme arabe" est le titre que Zoulikha Bouabdellah a choisi pour sa première exposition solo à la galerie Mathias Coullaud. 

Que l’on ne s’y trompe pas, encore une fois l’artiste tisse ici la toile de ces obsessions qui l’accompagnent depuis longtemps: la place de la femme, la liberté, le désir, l’amour, l’Homme, l’engagement que tous ces principes imposent à une femme, jeune et d’origine musulmane. 

Ceux qui voudront s’emparer de ce titre-manifeste pour en faire un objet de polémique, de dénonciation de l’islamisme se tromperont encore une fois. Car, en grossissant le trait pour le rendre lisible nous dirions que Bouabdellah s’interroge: la femme a-t-elle la liberté de son désir? La censure - masculine, sociale et religieuse et dans toutes les sociétés - ne réprime-t-elle pas la simple pulsion féminine? quel désir pour la femme? Quelle liberté d’en user? 
La transgression, apanage de l’artiste, devient donc le moteur de son approche artistique mais avec toute la subtilité de la femme et se jouant des atours et des attributs féminins interrogent à la fois l’histoire et la tradition. 

Ici Zoulikha Bouabdellah nous propose toute une série de dessins en dentelle d’encre de chine citant la parabole de « Joseph et la femme de Putiphar » issue de la Génèse: « Un jour que Joseph était entré dans la maison pour faire son service, sans qu’il y eût là aucun des gens de la maison, elle le saisit par son vêtement en disant « Couche avec moi ». Mais il lui laissa son vêtement dans la main et il s’enfuit dehors ». Immortalisée par Rembrandt et d’autres artistes, stigmatisée par l’Eglise, la femme de Joseph dont la tradition nia jusqu’au nom - elle s’appelait ZOULEIKHA - représente l’horreur et l’impossibilité du désir féminin, son aspect quasi diabolique « un coeur enflammé par la luxure » pour reprendre les mots de Calvin.

Tout l’art de Zoulikha Bouabdellah se situe là, avec ces dessins: elle utilise une citation biblique et judéo-chrétienne pour nous montrer que cette négation transcende toutes nos cultures. Elle interroge, comme toujours, l’histoire de l’art et de la représentation comme vecteurs et dépositaires des mythes et des inconscients de nos sociétés. La technique même qu’elle utilise, l’encre de chine, le traitement en dentelle, sur-ligne à quel point c’est une femme qui parle !

D’ailleurs l’étonnante installation vidéo intitulée « Les Hommes de la plage » des hommes, des jeunes hommes au corps musclé, aux muscles saillant jouent devant nous une chorégraphie charnelle. Cette longue mélopée d’image nous place au coeur de notre monde contemporain, au coeur d’un combat essentiel le regard de la femme, sa place pleine et entière. Ce regard d’amour pour ces hommes, de désir simple et direct : assumer librement son envie, pour une femme, est la parabole du combat peut-être le plus essentiel de notre temps!

Mathias Coullaud, octobre 2016

 
L’exposition Lettre d’amour à un homme arabe présente :
- 1 vidéo-installation "Les hommes de la plage", qui sera projetée sur 4
écrans dans la seconde pièce de la galerie. La musique de la vidéo est
Dionysos de Patrick Burgan
- 1 dizaine d'encre de chine de la série "Chasteté de Joseph"
- 3 grandes photos tirées de la vidéo tirées sur DIASEC
- La lettre d’amour sera diffusée avec un dispositif sonore

Mathias Coullaud et Zoulikha Bouabdellah tiennent à remercier tout particulièrement Patrick Burgan pour sa musique.

                             

EXPO 4/11 > 22/12/16

Vernissage: Jeudi 3 novembre 2016
18h > 22h
Galerie Mathias Coullaud