Valérie Sonnier, Sans titre, 2012

Crayon et cire sur papier21,5 x 31,5 cm
© Galerie Mathias Coullaud

Valérie Sonnier, Sans titre, 2012

Crayon, crayons de couleurs et cire sur papier21,5 x 31,5 cm
© Galerie Mathias Coullaud

Valérie Sonnier, Sans titre, 2013

Crayon et cire sur papier21,7 x 33,5 cm
© Galerie Mathias Coullaud

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier

Biographie

Elle est professeur de dessin et de morphologie aux Beaux-arts de Paris depuis 2003.

Diplômée de cette même école en 1993, elle a suivi le séminaire de Jeff Wall à l’Université de British Columbia à Vancouver pendant la dernière année de son cursus. Elle développe, depuis, son travail personnel à travers une pratique multimédia. Elle utilise le dessin, la peinture, la photographie et le film Super 8 pour tisser des liens entre les souvenirs intimes et la mémoire collective de l’enfance, et pour aborder les notions de présence, absence, apparitions fantomatiques…

Un recueil de ses dessins, « Le Cahier des morts minuscules », préfacé par Bruno Girveau et Dominique Païni a paru aux éditions Yellow Now en 2011. 

Elle a participé à de nombreuses expositions collectives, parmi lesquelles «La main numérique » au Musée National des Beaux-arts de Taïwan en 2010, « Des jouets et des hommes » aux galeries nationales de Grand Palais en 2011, « Acquisitions récentes-2009-2013 » au Frac Picardie ,« Distant proximity » à La Centrale à Bruxelles en 2014 et « Cocteau contemporain » à Paris en 2015.




Entretien

Quelles sont tes origines d'artiste ? 
Les origines? L'ennui, l'enfermement dans un jardin clos tout au long de mon enfance, regarder le temps passer, les ombres s'agrandir, puis plus tard, les laisser m'envahir de manière obsessionnelle... 

As-tu choisi la peinture / le dessin ou ces médias se sont ils imposés a toi ? 
"Selon toutes apparences, l’artiste agit à la façon d’un être médiumnique qui, du labyrinthe par-delà le temps et l’espace, cherche son chemin vers une clairière.
Si donc nous accordons les attributs d’un medium à l’artiste, nous devons alors lui refuser la faculté d’être pleinement conscient, sur le plan esthétique, de ce qu’il fait ou pourquoi il le fait - toutes ses décisions dans l’exécution de l’œuvre restent dans le domaine de l’intuition et ne peuvent être traduites en une self-analyse, parlée ou écrite ou même pensée." 
Marcel DUCHAMP, « Le Processus créatif », 1957.
J'ajouterai que le dessin s'impose pour certaines séries, la photographie, le film ou la peinture pour d'autres. 

La ligne artistique de la Galerie se concentre sur une vision du monde ironique, satirique et souvent décalée, te reconnais-tu dans cette approche ? 
Non, absolument pas!
(Bon, ça c'est pour l'ironie.. ! Mais plus sérieusement, je ne me sens pas proche d'une vision du monde ironique ou satyrique.. décalée, oui, déjà plus.. )

CV

EXPOSITIONS INDIVIDUELLES
2015 Art on Paper, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
2014 Faire le photographe, II, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
         Foire Art International Istanbul, Galerie Nadja Vilenne, Turquie.
2013 Galerie Nadja Vilenne, Belgique. 
2012 Faire le photographe, Galerie Nadja Vilenne, Belgique
         Vous pouviez tout prendre chez moi sauf mes roses, Espace Gainville, Aulnay-sous-Bois.

EXPOSITION COLLECTIVE (sélection)
2017 
Premier étoile, dernier flocon, Villa du Parc, Annemasse 
         Résonances, Galerie Nadja Vilenne, Liège, Belgique 
         Moi, Courbet, Galerie Mathias Coullaud, Paris 
2016
 
Drawing Now, Galerie Mathias Coullaud , Paris
2015 
Soudain la neige, Maison d’Art Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne OFF(icielle) Fiac, Paris
         Art Brussels, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
         Cocteau contemporain, Galerie Coullaud & Koulinsky, Paris.
2014 Exercices de style, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
         OFFICIELLE FIAC, Galerie Nadja Vilenne, Paris.
         Dessinez Eros ! commissaire Dominique Païni, Galerie Odile Ouizeman, Paris.
         Skoteinos, commissaire Peter Riss, Bad Gastein, Autriche.
         Art Brussels, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
         Acquisitions récentes 2009-2013, volet 2, Frac Picardie, Amiens.
         Skoteinos, commissaire Peter Riss, Munich, Allemagne.
         Distant proximity, La centrale électrique, Bruxelles, Belgique.
2013 Acquisitions récentes 2009-2013, volet 2, Frac Picardie, Amiens.
         Repeat/rl’pi :t/, Galerie Nadja Vilenne, Belgique
         Art Brussels, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
2012 A la recherche du temps perdu, commissaire Myfanwy Mac Leod, Unitt/Pitt Projects, Vancouver, Canada.
         Faire le photographe, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
         Art Brussels, Galerie Nadja Vilenne, Belgique.
         Des Jouets et des hommes, commissaires Bruno Girveau et Dorothée Charles, Helsinki Art Museum, Finlande.
2011 Des Jouets et des hommes, commissaires Bruno Girveau et Dorothée Charles, Galeries nationales du Grand Palais, Paris.
2010 The Digital Hand, commissaires Dominique Païni et Chi-ming Lin, Musée National des Beaux-Arts, Taïwan.         
         La Main numérique, commissaire Dominique Païni, Maison d’art Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne.
2008 Figures du corps, commissaire Philippe Comar, École des Beaux-Arts, Paris
         La Main numérique, commissaire Dominique Païni, Annecy
2007 Il était une fois Walt Disney, commissaires Bruno Girveau et Dominique Païni, Musée des Beaux-Arts, Montréal.
2006 Il était une fois Walt Disney, commissaires Bruno Girveau et Dominique Païni, Galeries nationales du Grand Palais, Paris. 
         En avant les jouets, Aulnay-sous-Bois.
2004 Vues d’enfance, Aulnay-sous-Bois.
2001 Automne, galerie du Haut-Pavé, Paris.
2000 Souvenirs d’enfance, Oyonnax.
         Bas âge, galerie du Haut- Pavé, Paris.
1998 Côté jardin : le potager, Oyonnax.
         Ap’ARTé, avec Edouard Levé, commissaire Eric Mézan, Paris.
1997 Salon d’Art Contemporain, Bagneux.
         Espace Paul Ricard, Paris.
1996 Salon d’Art Contemporain, Bagneux.
         Salon de la jeune peinture, Paris.
         Courant d’Art, Deauville.
1994 Laissez parler les petits papiers, galerie Rizzo, Paris.
         FIAC, galerie Rizzo, Paris.
         Salon de Montrouge.
         Résidence Secondaire, galerie Rizzo, Paris.

PUBLICATIONS
2013 The Drawer, Revue de dessin, volume 5, Les Choses.
2012 In search of lost time, Myfanwy Macleod, Publication Studio.
2011 Le Cahier des morts minuscules, Yellow Now. Textes de Bruno Girveau et Dominique Païni.

COLLECTIONS
2013 Collection du Frac Picardie, Amiens.
2012 Collection de la Ville d’Aulnay-sous-Bois.
2009 Fonds photographique des Beaux-arts de Paris.

CATALOGUES
2011 Des Jouets et des hommes, Éditions RMN.
         Père & Mère, Éditions de la Martinière.
         Charlie & Sabrina, qui l’eût cru?, Audrey Cottin, Éditions du Jeu de Paume.
         La Main numérique / The digital Hand, Éditions Musée National des Beaux-Arts de Taïwan.2010 La Main numérique, Éditions de l’œil.
2008 Figures du corps, Beaux-Arts de Paris les éditions.
2007 Visites dessinées, Beaux-Arts de Paris les éditions.
2006 Il était une fois Walt Disney, Éditions RMN.
         Télérama Hors-série Walt Disney.
2004 Vues d’enfance, Éditions Ecole d’Art Claude Monet.
2000 Souvenirs d’enfance, Éditions Centre Culturel Oyonnax.
1999 Côté jardin : le potager, Éditions Centre Culturel Oyonnax.
1998 Le journal des Expositions, Jérôme Rappanello.

PRIX
1993 Prix spécial Perrier-Jouët.
         Bourse internationale d’études de l’ENSB-A, Université de Colombie
         Britannique, Master Program, séminaire de Jeff Wall, Vancouver.

Valérie Sonnier par Didier Semin

Le thème de la « la jeune fille et la mort » est fréquent dans la peinture
– et naturellement la musique, chacun pense à Schubert – outre – Rhin.
Mais en passant la frontière des langues, il perd un peu de sa violence.

Nous l’entendons comme le refrain d’une vanité tout spécialement
adressé à la coquetterie féminine (« si tu t’imagines, fillette fillette, ksa va
ksa va ksa, va durer toujours (...) »). L’allemand est beaucoup plus
rude : Il dit der Tod, au masculin, et das Mädchen – nous n’avons pas ce
neutre qui ferait de la jeune fille encore un peu une enfant.

Valérie Sonnier nous restitue, dans ses dessins, la violence originelle du
thème. La jeune fille est une poupée de bois, aucunement coquette, et
nous ne doutons pas un seul instant que le pantin squelettique qui
l’assaille soit plutôt de sexe mâle.

Les jeux des deux marionnettes n’en sont à nos yeux que plus
douloureux encore, ou plus cruels.

Freud faisait des pantins faussement dotés de vie une des figures les
plus à même de soulever dans notre imaginaire le sentiment qu’il appelle
« inquiétante étrangeté » : à ce trouble, Valérie Sonnier ajoute celui qui
s’attache à l’innocence bafouée, et le frisson qui nous parcourt à la vue
de ses dessins remonte du fond de nos mémoires. Nous rougissons
qu’Eros surgisse dans ces jeux macabres, mais c’est notre condition que
le désir soit toujours accompagné du spectre de la violence et du
désespoir...

Didier Semin

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier